Igor Martinovsky, un russe blanc à Paris


Igor Martinovsky, mon arrière-grand-père paternel, est né à Ouman, en Russie (actuelle Ukraine) en 1900 et décédé à Paris en 1965. Cet ancêtre est le plus mystérieux de ma généalogie: le peu de renseignements fiables que j'ai en ma possession couplé à un folklore familiale assez incroyable, m'ont poussé à faire des recherches particulièrement laborieuses afin d'avoir le fin mot de son histoire.



Enfance russe et corps de cadets, entre mythe et réalité

Les circonstances de naissance et l'enfance d'Igor me sont totalement inconnues. Ouman était à l'époque, une petite ville d'environ 30 000 habitants, rattachée à l'Empire Russe. La population était constituée à part égal d'ukrainiens et de juifs.

Je ne connais rien non plus des parents d'Igor, Constantin Martinovsky et Anna Goliatovsky. Le folklore familiale attribue à Igor une éducation au sein du corps des Cadets du Tsar, se qui nous permet d'envisager une famille aisée et une solide éducation.

L'adolescence d'Igor a été profondément marquée par la révolution russe et la chute des Romanov. Si les détails nous seront à jamais inconnus, l'histoire familiale prétend que la famille Martinosvky a été massacrée par les bolchevicks et qu'Igor a du s'enfuir, en perdant tout, comme beaucoup d'autres russes blancs.

Comment s'est déroulée la transition de Russie à Paris? Igor savait-il déjà parler français? Quand est-il arrivé en France exactement?



L'homme aux trois épouses


Igor Martinovsky épouse mon arrière-grand-mère, Marcelle Le Mestre, le 7 juin 1934 dans le quinzième arrondissement de Paris. Celle-ci est de 11 ans sa cadette et c'est une parisienne d'origine bretonne.

Photo de mariage de Marcelle et Igor - 7 juin 1934


Marcelle a passé son enfance à Paris où elle vivait avec ses parents et ses trois soeurs. Son père, François-Marie, est infirmier à l’hôpital Necker, à côté duquel la famille vit dans un petit appartement rue Vaugirard.

Marcelle est enceinte au moment du mariage. Effectivement, elle accouche de mon grand-père, Alain, quelques mois à peine après le mariage.

Igor est dépeint comme un employé d'usine, vivant dans un immeuble de la rue Auguste Vitu, dans le quinzième, arrondissement prisée de la diaspora russe, et tout près de la rive gauche de la Seine où est installée l'usine Citroën, qui emploie plus de 30 000 personnes et où il travaille surement.



Marcelle est dactylo comme en témoignent les annonces qu'elle a passé dans le journal L'intransigeant afin de se trouver une place. L'adresse indiquée, permet d'en déduire que le couple s'est installé, 32 boulevard Pasteur à l'Hôtel Innova où il loue surement une chambre à la semaine.


Marcelle n'est pas la première épouse d'Igor. Leur acte de mariage mentionne l’existence d'une première "Madame Martinovsky", probablement russe, dénommée Dina Nevmyvalo et divorcée d'Igor. Difficile de dire combien de temps a pu durer leur union.

Il semble qu'Igor ait quitté domicile conjugal quelques temps après son mariage avec Marcelle, la laissant avec un enfant en bas-âge sur les bras.

Pourtant leur divorce n'est prononcé que le 21 avril 1942, en pleine occupation allemande. La requête vient peut-être d'Igor qui se remarie aussitôt avec Kira Lilier, qui sera sa troisième et dernière épouse.


Le mystère reste entier

Igor décède le 29 janvier 1965 à l’hôpital Laënnec dans le sixième arrondissement de Paris. L'hôpital Laënnec possédant un important service de lutte contre la tuberculose, se peut-il qu'il est été hospitalisé pour des problèmes pulmonaires?

Son dernier domicile connu est rue Angereau, dans le septième arrondissement où il exerçait encore en tant que professeur. Donnait-il des leçons particulières, de russe par exemple ?


Proche parent des Romanov, joueur de poker professionnel, le folklore familial a toujours dépeint Igor comme un homme sombre et mystérieux. Mes recherches n'ont pas encore donné assez de résultats pour établir un portrait relativement réaliste de mon arrière-grand-père. Affaire à suivre.


2 commentaires:

  1. C'est toujours très mysterieux d'avoir des ancêtres venant de Russie. Mysterieux et tres frustrant, puisque nous n'avons que peu d'archives disponibles. Si vous lisez le russe, essayez d'entrer le nom de famille des parents - père et mère - dans un moteur de recherche cyrlllique, c'est comme ca que j'ai retrouvé la piste des frères de l'arrière grand mère de mon mari, et quelques détails sur son père. Bonnes recherches

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  2. Merci pour votre message Brigitte. Oui c'est vraiment un parcours mystérieux et fascinant, je suis sûre que je réussirais à assembler peu à peu les pièces du puzzle.
    Ah merci pour cette idée, je ne lis pas le russe, mais je vais tester. Bonne journée.

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